Spain "The Soul Of Spain"

Jusqu’à ce que The Soul Of Spain revienne nous rafraîchir la mémoire, Spain était le souvenir d’un groupe auteur d’un album inoubliable et splendide (The Blue Moods Of Spain 1995) qui, au fur et à mesure du temps, est vite devenu un incunable. Difficile de se remettre d’une telle réussite. La suite n’a pas été aussi glorieuse pour Spain. Ennuis juridiques, deux albums particulièrement décevants (She Haunts My Dreams 1999 et I Believe 2001) et un album solo anecdotique (Devoted en 2007). Heureusement Josh Haden renoue avec le sublime et l’intemporel et poursuit la carrière discographique de Spain avec The Soul Of Spain. Titre on ne peut plus explicite tant cet album retrouve l’âme du groupe perdue depuis ce premier album magistral. Un disque plein de force et de profondeur avec des hymnes en impesanteur. Est-ce le fait d’une similitude des deux pochettes à l’esthétique cool jazz ? Pas sûr. Mais surtout grâce à une envie de composer revenue et une joie profonde de retrouver ses origines. Pas étonnant donc d’écouter deux titres un peu plus énervés (tout est relatif avec Spain) que d’habitude (Because Your Love et Miracle Man) dans lesquels le fils du jazzman Charlie Haden se rappelle sa jeunesse punk à l’époque où il jouait dans Treacherous Jaywalkers. Le reste est comme ce que l’on aime entendre chez Spain avec, en premier lieu, une ouverture (Only One) mélancolique à souhait jamais enregistrée auparavant et issue de l’écriture deThe Blue Moods of Spain. Aujourd’hui, Josh Haden se sent plus libre et n’hésite pas à le dire (I’m Still Free) et à tenter de nouveaux arrangements. Pour preuve, la ballade country folk Whitout A Sound et ses deux solos de piano sortis tout droit d’un bouge sudiste, ou encore les incantations presque bouddhiste sur All I Can Give. Loin d’être passéiste et redondant par rapport àThe Blue Moods Of SpainThe Soul Of Spain est synonyme de libération et de renaissance pour un artiste sur lequel il faudra à nouveau compter.